Qu’est-ce qu’un assistant contractuel?

Vous vous demandez sûrement pourquoi un enseignant chercherait à faire la grève ? C’est bien connu, un enseignant ça a plein de temps libre, plein de vacances et surtout n’est pas trop fatigué par rapport à d’autres personnes qui touchent le même salaire. Dans ce post je vais me limiter à parler de ceux qui sont vraiment consciencieux, et plus particulièrement les assistants contractuels, dont j’ai fait partie pendant 4 ans. Vous me direz ensuite si leurs revendications sont légitimes ou pas.

PS : Je vais utiliser le masculin pour parler de l’assistant contractuel tout au long de ce post. Cela n’a rien à voir avec la politique ni avec les orientations / préférences de l’auteur.

Ayant fraîchement obtenu son diplôme de mastère, l’assistant contractuel est directement mis dans le bain de l’enseignement. Bien entendu, aucune formation ne lui a été dispensée, à temps, pour qu’il sache comment passer de l’étape « je suis un étudiant et je n’ai aucune responsabilité »  à « je suis enseignant et j’ai beaucoup de responsabilités ».

Soit dit au passage qu’aucune formation ne permettra à cet enseignant d’avoir le remède miracle pour dompter une classe rebelle, savoir quoi faire quand il paraît trop jeune et que ses étudiants paraissent plus vieux que lui, comment bien diriger ses séances etc.

Vient maintenant la première confrontation avec l’administration. Des assistants contractuels, il y en a beaucoup, donc on te donne ce qu’il y a à enseigner, à prendre ou à laisser. Généralement, les enseignants qui sont plus anciens (confirmés) prennent les matières qui sont sympathiques, les cours et les meilleurs emplois et laissent le reste aux contractuels ou vacataires.

Vous allez me dire quelle est donc la différence entre contractuel ou vacataire ? Un vacataire c’est généralement une personne qui veut faire de la vacation, c’est-à-dire se consacrer à sa thèse et faire « chauffer sa place de futur contractuel. Ça s’apparente donc plus à du bénévolat. Le salaire est entre 120 et 350 dinars par mois.

Pour les assistants contractuels, le salaire tourne des 1200 dinars (à + ou – 50 dinars) par mois. Ce salaire dépend des nombres d’heures accomplies. C’est donc soit 6 heures de cours, 11 heures de TD ou 18 heures de TP par semaine. Et oui, faire 6 heures de cours ou 18 heures de TP par semaine donnerait exactement le même salaire. Mais bien entendu, en tant qu’assistant contractuel, vous n’aurez JAMAIS 6 heures de cours. Vous aurez les bon vieux TP (des fois avec les exercices et leurs corrections, d’autres les exercices tout court, et même rien du tout) et vous fermerez votre gueule.

Vous vous demanderez toujours pourquoi vous avez eu plus d’heures de surveillance (ah…la période tant aimée de tout enseignant) que tous les autres enseignants, pourquoi vous n’avez pas de casier à votre nom, pourquoi c’est à vous de faire la vérification des notes de vos collègues qui ne se sont pas pointés le jour de vérification des notes, pourquoi vous devez préparer le fichu dossier avec les MÊMES papiers que les années précédentes pour renouveler votre contrat, et surtout, pourquoi diable on ne veut pas vous payer.

Mon expérience personnelle était avec le rectorat de 7 Novembre à Carthage (on me fait signe que le nom a changé, tout comme la télé nationale à priori). Première année, c’est magique. Tu n’as pas de numéro de CNRPS, tu attends. OK. Un mois. Deux mois. Hello. 4 mois. 6 mois. Au secours. 8 mois. 10 mois. Je peux faire quoi comme boulot déjà ? UN AN. Tu attends UN AN pour avoir ton numéro de CNRPS et être payé. Bien entendu, on te répète à chaque fois que le contrat est sous étude, et qu’on « espère que ce sera approuvé » par le ministère.

Deuxième année. Tu es content. Tu perçois ton salaire comme les gens normaux à chaque fin de mois et puis au milieu du mois de Septembre, COUCOU méga Surprise. Plus rien. Jusqu’à Avril. 6 nouveaux mois sans être payé. Pourquoi donc ? Parce que le ministère est en train d’essayer d’approuver ton dossier. Si le dossier n’est pas approuvé, tu seras payé en tant que vacataire, avec le salaire susmentionné. On s’en fout que tu aies des engagements financiers, on te fait du suspense dans ta vie et tous les assistants contractuels ont dû aimer cela pour que cela t’arrive à toi aussi.

Je me dois de rappeler qu’un assistant contractuel, c’est aussi un thésard (99% des cas). Ce thésard a plein de choses à payer, outre son inscription : Les frais des conférences, des revues, des séminaires, des déplacements liés à cette thèse. Si vous pensez que faire partie d’une équipe de recherche ou d’un laboratoire couvrirait tous ces frais, vous vous mettez les doigts dans le nez. Je ne veux même pas parler de ceux qui ont un loyer, des factures à payer, des personnes à charge, qui habitent loin de là où ils enseignent (parce qu’un assistant contractuel habitant à Tunis et enseignant à Tunis a LE MÊME salaire qu’un assistant contractuel habitant à Tunis et enseignant à Sidi Bouzid).

Pour la petite histoire, un assistant contractuel avait le droit automatiquement à 4 années renouvelables, et une cinquième si affinités (lettres d’appui du chef de département et du directeur (directrice) de l’établissement). Maintenant, la plupart de ceux que je connaisse, ont été déroutés dans leur demande de 4ème contrat (pourtant légitime) et ont été considérés comme vacataires.

Ce sont donc des milliers de personnes qui vivent cette situation très bizarre, et qui demandent juste à ce que leur situation soit clarifiée. Renouveler cet enfer n’est pas une tâche aisée, et la grosse charge de travail, combinée aux aléas de la thèse (mais ça ce sera le sujet d’un autre post), empêche l’assistant contractuel de jouir d’une situation stable. Donc en attendant, avancez dans vos thèses (tout comme moi, j’en suis « juste » à ma cinquième année de thèse) et peut être que le meilleur est à venir.

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Quel président pour la Tunisie?

 

Nous sommes le 17 Décembre 2019. La constitution vient d’être enfin achevée et le régime politique tunisien sera donc présidentiel.  Afin de bien nous préparer aux élections de la date symbolique du 14 Janvier 2020, je vous donne quelques astuces sur le choix du candidat / candidate.

1)      Il faut chercher sur Google. Un ancien du CRTL (Congrès Républicain du Travail et de la Liberté, ex Congrès pour la république après la fusion avec le FDTL) (depuis mort d’une extinction de voix) avait jadis dit que si tu es sur Google, c’est que tu es un véritable combattant. Et c’est connu, Google n’a jamais menti.

2)      La ville de naissance. Il ne faut pas voter pour quelqu’un du Sahel, puisqu’ils ont profité des largesses des anciens présidents, ni du nord-ouest, parce qu’il va se venger de la disparition de Bou Salem et Jendouba après les crues soudaines de 2015. Quelqu’un du sud de la Tunisie est à oublier aussi (grande pauvreté, gâchette facile  après l’annexion de Sidi Bouzid par la Libye en 2018), ainsi qu’une personne du centre, maintenant super riches par les quelques troupeaux de moutons qui leur restent.

3)      L’âge. Il faut qu’il ne soit pas jeune, ou vieux. La bonne cinquantaine par exemple. Du coup Morjane et BCE (sous respirateur artificiel mais l’état de santé n’a pas été mentionné dans la constitution) seraient éliminés.  Mohamed Ben Ali (fils de Zine El Abidine Ben Ali), autorisé à rentrer au pays en 2017 après la grâce présidentielle et la politique de réconciliation nationale mise en place sous l’impulsion du grand mouvement Ettahrir, constituerait lui un bon choix, face à Emna Ben Jemaa et Yassine Ayari ou encore Sami Khedhira, récemment promu ambassadeur des nations unis en Suède.

4)      La religion. Athée ça ne marche pas bien. Il faut que le candidat ait un minimum de croyances religieuses, parce que, comme le disait ma grand-mère, sans religion, t’es un pauv’ con. On s’en fout sur quoi elle s’est basée, nous sommes ici pour guider les gens, pas pour faire la morale. Du coup Jalel Brick et Papillon, deux figures emblématiques du mouvement clandestin « Msalli 3al Nibi » ne sont pas une bonne alternative. Cheikh Riadh El Hammi, du mouvement « Ennajda », est par contre trop religieux, ce qui ferait craindre une montée en puissance de l’extrémisme. Madame Saida El Agrebi, récemment opérée d’une chirurgie esthétique à Londres appelée « the french modern excision », peut quant à elle faire le poids, puisqu’elle ne connait que trop bien les rouages du métier.

5)      Le niveau culturel. Plus il y a de diplômes, plus ce n’est pas bien. Deux certains médecins l’ont récemment prouvé aux tunisiens. C’est pour cette raison que je soutiendrai Brahim el Kassas, à la tête d’une multinationale de louages, propriétaire de la chaîne Attounisia (après la mort cérébrale soudaine de son fondateur, Hechmi Hamdi, lors d’un débat télévisé où il y avait trop de questions politiques) et titulaire d’un permis de forage en Nouvelle Zélande. Ce monsieur est un self made man qui a prouvé que l’habit ne fait pas toujours le moine.

6)      L’état de santé. Le futur président ou la future présidente de la  Tunisie, ne doit pas boire ou fumer (même le cannabis, bien que ça a été légalisé), faire du sport et ne pas regarder des films pornos (interdits depuis 2013 pour rappel). A titre d’information, c’était le cas de Nicolas Sarkozy, qui a été, par hasard, évincé par le pouvoir des urnes au profit de Marine Lepen.

7)      Avoir la cote auprès des grands influenceurs. Avoir le plébiscite de grands journaux comme Business News ou encore Tixup servirait à conforter la grande notoriété de tel ou telle candidat(e).

Comme ce fût le cas en 2011, 2020 sera donc aussi indécise. J’espère de tout cœur que tous les tunisiens voteront, surtout avec le démarrage de la campagne « éna lassa9t », en référence aux fameux autocollants « Présidentielle 2020 ».

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Tunisie Démocratie Acrobatie

Après que Ben ait fui, le peuple tunisien s’est retrouvé tout d’un coup en possession d’un trésor autrefois inaccessible. Ce trésor est appelé dans les pays occidentaux « démocratie ». Je profite de l’accalmie qui règne encore sur la scène politique tunisienne, pour expliquer, à ceux d’entre vous qui commencent à douter de leurs certitudes (et aux autres aussi parce que je suis balèze en politique), comment les tunisiens ont su profiter de leur trésor.

La démocratie c’est avoir des centaines de martyrs, et aucun de leurs meurtriers en prison. C’est cela la liberté d’expression : tu t’es exprimé à ta manière, je me suis exprimé à la mienne. Pas de chichis entre démocrates.

Certaines franges de la population ont tellement inhalé à pleins poumons les effluves de la démocratie, qu’elles en sont devenues blasées et réclament des personnes plus modérées et plus aptes à garder farouchement ce précieux trésor. Je citerai, dans l’ordre BCE, Morjane et Ben Ali 1er.

Plus le peuple est divisé, plus c’est bien. Cela veut dire que chacun s’exprime comme il le souhaite, sans entraver la liberté de l’autre. De la gauche au lait (le caviar est plus dispo que le lait à ce que l’on m’a dit) à la droite poil au museau, les gens soutiennent les partis et s’y assimilent même. Nous avons par ailleurs trois types de partis : L’extrême droite, l’extrême gauche et l’extrême centre (qui a les deux pieds grands ouverts entre les deux (That’s what she said)).

La neige ! Un pays démocratique est un pays qui a de la neige ! C’est super connu, la neige c’est le plaisir de faire du ski, de jouer aux boulettes, de faire des bonhommes mimis et surtout, si vous avez de la chance, de voir des gens crever de froid sans que personne ne daigne bouger le petit doigt.

La démocratie c’est aussi de voir enfin la dépénalisation de la drogue des memes. Vous savez ces dessins qu’avant quelques gens seulement comprenaient et riaient en cachette parce qu’ils étaient les seuls à savoir de quoi il s’agissait. Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, j’en profite pour vous faire un dessin.

Il faut savoir aussi, que malgré la liberté totale qui existe, que la Tunisie doit rester FORTE (coucou Sarko) et donc ne pas tolérer les dépassements. Prenons le cas de la beauté. Celle-ci est certes subjective, mais il y a des choses acceptables (exemple l’excision des femmes, une opération esthétique à forte valeur ajoutée) et d’autres qui le sont moins.

PS : j’ai fait beaucoup d’efforts sur cette photo pour imiter au mieux les gourous de Photoshop du journal Le Maghreb (qui sera jamais uni NA !).

Enfin pour terminer, je dirais que nous savourons tous cette démocratie soudaine, et nous n’allons pas tarder à la savourer encore plus, parce que c’est connu, la Tunisie, c’est magique!

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