Mode d’emploi des étudiants tunisiens

Ce post ne permettra pas de résoudre les problèmes infinitésimaux du système éducatif en Tunisie, mais aura le mérite de ne pas les aggraver. Il est destiné aux enseignants qui veulent zapper quelques années d’expérience et connaître, en bref,  de quoi peut être constituée leur audience. Je vais donc classer les étudiants tunisiens en plusieurs catégories. Avec des exemples à l’appui (et le hashtag #TrueStory pour tous).

1)      Le gentil

Généralement de sexe féminin, l’étudiant gentil est la preuve que ce que vous faites est bien. Il vous fait sentir épanoui et donne un sens à votre vie d’enseignant. C’est lui la graine que vous plantez et qui va fleurir grâce à vos conseils et vos cours si précieux. A différencier tout de même de la catégorie suivante.

2)      Le super gentil

L’étudiant super gentil est celui qui rappelle à chaque fois que vous, enseignant, avez le pouvoir de changer le monde. Non pas faire des révolutions, parce que c’est réservé aux administrateurs des pages Facebook, mais influencer le cours de la vie d’une personne, grâce notamment à votre talent et votre aptitude déconcertante à tout expliquer aisément.

3)      Le méchant

Essaie de vous faire douter de vous-même et vous faire croire que ce que vous dispensez aux étudiants est totalement erroné, et que vous n’avez aucune pédagogie. C’est celui-là même qui pose des questions intelligentes dans le cours du genre « ah bon ? » et « êtes-vous sûr ? ». Il reste néanmoins plus facile à gérer que le super méchant.

4)      Le super méchant

Il pense qu’en fait vous êtes là grâce à lui. Vous le servez. Ce qui n’est pas totalement faux, sauf que logiquement, vous n’êtes  pas son esclave (à moins qu’il y en ait ceux qui aiment ça). S’assied généralement au fond de la classe et essaie de vous déstabiliser  autant que possible pour montrer que le boss c’est lui, et vous n’êtes rien. Aurait bien aimé être le ministre de l’enseignement inférieur pour vous payer votre salaire à la fin du mois. Ce genre d’étudiant est la preuve qu’il faut laisser les enseignants battre leurs étudiants, à coup de massues, et surtout permettre aux enseignants de dire des gros mots en classe.

5)      Le timide

Ose à peine vous regarder dans les yeux. Ne dit jamais qu’il n’a pas compris lorsqu’il n’a pas compris. S’assied généralement loin de tout le monde et prend des notes. A les mains moites lorsqu’il vient vous parler, ou encore vous envoyer un mail.

6)      Le mystique

Fait appel à vos dons de medium. Vous devez deviner ce qu’il veut vous dire, et il ne vous facilite pas la tâche justement pour vous voir à l’œuvre. Difficilement cernable, nécessite une très grande attention de votre part.

7)      L’aventureux

Pour partir en aventure, il faut se munir du minimum possible de bagages. En l’occurrence ici, l’aventureux est un étudiant qui a laissé de côté sa valise de français, et sa gourde de logique, pour partir vers un univers inexploré : la rédaction.  Vous pourrez retrouver ce goût de l’aventure dans les examens, les emails ou encore, si vous avez de la chance, lors d’un oral en classe.

8)      Le surexcité

Reconnaissable facilement à son agitation, le surexcité est quelqu’un qui a la bougeotte. Il n’arrête pas de toucher les choses (That’s what she said), de manipuler des objets (…) et surtout ne la ferme surtout pas…Ce genre d’étudiants est facilement distinguable par mail grâce l’emploi modéré des signes de ponctuation.

Vous vous rendrez compte au fil des années que les étudiants tunisiens sont en fait une niche à découvertes. Il n’empêche qu’ils constituent la future génération de la Tunisie, il ne faut donc pas les laisser tomber, tu sais c’est pas si facile, être un étudiant libéré…

 

 

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